Beauté naturelle:
étiquettes et cosmétiques

L’industrie cosmétique et son armée marketing nous offre
aujourd’hui de plus en plus de produits merveilleux et magiques, luxueux et
technologiques pour nous aider à combattre le temps, à changer de peau, de
formes et à réparer tous les méfaits du quotidien.

Mais aussi attractifs que semblent tous ces produits dont
les noms et les actifs multifonctions nous font rêver, savons nous vraiment ce
que nous appliquons sur nos peaux tous les jours? De quoi sont vraiment
composées nos crèmes de jour?

Au delà de la farandole d’acide hyaluronique, de Q10, de
collagène, d’huile d’argan ou de Rose Musquée, de resveratrol et autres actifs
précieux, essayons de comprendre d’un peu plus près ce dont notre peau a
vraiment besoin et ce que l’industrie cosmétique et parapharmaceutique nous
offre?!

La plupart des crèmes hydratantes classiques sont composées
à peu près de la façon suivante:

De l’Eau (Water, Aqua) :
 70
à 80%

Des Huiles minérales (Paraffinum Liquidum, Petrolatum) 15 à
20%

Des Emulsifiants synthétiques :
 6 à 8%

Des Agents de texture synthétiques (silicone, gels): 5 à 10%

Des Conservateurs (Parabens,…): 1%

Des Antioxydants
: 0,6 à 1%

Des Actifs synthétiques ou végétaux : 2 à 3%

Et dans cette liste, si nous cherchons les élément qui sont
vraiment utiles pour la peau on pourrait ne garder que les éléments suivants:

De l’Eau (Water, Aqua) :
 70
à 80%

Actifs synthétiques ou végétaux : 2 à 3%

Alors finalement, à quoi sert le reste des ingrédients, rarement
naturels et rarement en adéquation avec notre physiologie? Quels sont leurs
effets sur la peau et sur l’ensemble de l’organisme?

Dans un monde ou les scandales sanitaires et chimiques font
tous les jours la une des journaux et des magasines specialisés, il est
indispensable d’apprendre à lire correctement les étiquettes des produits que
nous consommons et appliquons quotidiennement.

Pour une beauté durable et surtout sans risque, reflet de
notre santé, essayons de comprendre ce dont notre peau a vraiment besoin et ce dont
au contraire elle ne sait que faire.

Les besoins de la peau

La peau est un organe important de la physiologie humaine
puisqu’il représente notre interface entre l’intérieur et l’extérieur, notre
moyen de contact avec le monde. Cette interface sépare notre millieu intérieur
de l’extérieur par 2,5mm d’épaisseur reparties en 3 couches distinctes:
l’épiderme, qui assure imperméabilité et résistance; le derme, juste sous
l’épiderme, charpente de la peau, et l’hypoderme qui constitue notre réserve
énergétique, véritable matelas protecteur et isolant thermique.

L’epiderme se renouvelle tous les 28 jours environ par desquamation
des cellules mortes de la surface de la peau. Sur la face la plus interne de
l’épiderme, des cellules spécialisées, les cellules basales, régénèrent continuellement
le tissu épithélial kératinisé. En quelques jours, ces nouvelles cellules
migrent vers la surface de la peau et se kératinisent avant de mourir et d’être
éliminées. Les cellules mortes se dessèchent à la surface externe de l’épiderme
et sont éliminées par desquamation.

Le derme, très adhérant à l’épiderme grâce à une couche de
collagène spécialisée, forme la couche intermédiaire de la peau. Ce tissu
conjonctif dense assure la cohésion et la nutrition de la peau. C’est au niveau
du derme que se situent le bulbe des poils, les fibres protéiques de notre
matrice et les glandes sébacées et sudoripares, sécrétant, respectivement, les fluides indispensables à notre régulation
thermique, à l’excrétion des toxines et à la lubrification de la peau.

Le derme est très richement innervé et vascularisé (système
sanguin et lymphatique). C’est encore au niveau du derme que l’on trouve nos
réserves et notre production de collagène, d’elastines et de glycoprotéines.

L’hypoderme enfin, est constitué de cellules graisseuses:
les adipocytes.

Les constituants essentiels des tissus qui constituent notre
peau: collagène, elastines, kératine, ont un rôle déterminant dans l’évolution
des tissus de la peau et donc de notre apparence.

Par la perspiration possible grâce aux nombreux pores à la
surface de la peau, nous éliminons toxines et excédent d’eau. (environ 500ml
par jour)

La sudation est également une élimination naturelle de l’eau
de notre corps dès que la température extérieure ou intérieur monte. (forte
chaleur, exercice physique…)

Avec le temps, nos cellules perdent leur capacité à retenir
l’eau et la peau se ride en perdant de sa souplesse.

Les cosmétiques ont pour but de préserver les fonctions
naturelles de la peau tant au niveau de l’eau et de l’hydratation qu’au niveau
lipidique de la lubrification et de la protection.

Comprendre une étiquette:

D’une façon generale, sur les étiquettes cosmétiques, les
ingrédients dont le produit est constitué sont listés par ordre décroissant.

C’est pourquoi on retrouve souvent l’eau listée en premier
puis les corps gras tels que les dérivés de l’industrie du pétrol, les silicones
ou les huiles végétales…

Il est important de faire la part de choses entre les
énnoncés marketing alléchants des marques et la teneur réelle des produits en
actifs de qualité.

Par exemple, une “crème a l’huile précieuse de Rose Musquée ou d’Argan”, n’en
contient en fait certainement pas plus de 2 à 3%. Un ingrédient listé au delà de la 4eme
position sur l’étiquette représente moins de 5% du total de la composition.

Les cosmétiques sont constitués d’une phase grasse, d’une
phase aqueuse et d’émulsifiants.

Les corps gras (phase grasse) :

leur but est d’assouplir
la peau, de participer à la protection de la peau et au transport des actifs.

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Les différents corps gras

Corps gras
minéraux:

Les huiles et cires minérales sont des
composés synthétiques dérivés de l’industrie pétrochimique.

Il s’agit d’excipient très bon marché avec
des propriétés hydratantes très efficaces. Se sont les corps gras les plus
utilisés dans les cosmétiques conventionnels.

Ce sont aussi des dérivés du pétrole, ils
sont très nocifs pour l’environnement.

Ingérés, ils deviennent toxiques.

Ils sont également susceptibles de boucher
les pores de la peau et de favoriser l’apparition des boutons et points noirs
ou d’affections pathologiques lorsque les applications sont fréquentes et
prolongées.

D’autre part, des études menées par l’OMS
(Organisation mondiale pour la santé) ont démontrées leurs effets néfastes sur
les organes (foie, cœur…).

Les plus fréquents :

– Cera microcristallina

– Ceresin

– Hydrogenated polyisobutene

– Isododecane

– Isohexadecane

– Ozokerite

– Paraffin

– Paraffinum liquidum

– Petrolatum

– Synthetic wax

Corps gras synthétiques

Les silicones (polymère formé d’oxygène et
de silicium) peuvent être de structures et de textures variées, allant du plus
fluide (huiles) au plus rigide en passant par des états visqueux, résineux,
pâteux, cireux, etc.

Leurs propriétés gainantes les rendent
indispensables dans les produits capillaires (démêlage, brillance, douceur,
fixation…).

Ils sont utilisés aussi dans les crèmes pour
ses propriétés de fluidité et de douceur

Excepté quelques rares cas d’allergies, les
silicones ne présentent pas de risque pour la santé humaine. Par contre, peu
biodégradables ils sont nocifs pour l’environnement.

Les silicones sont très nombreuses mais ont
toutes une racine commune dans leur dénomination officielle : tous les composés
dont une partie du nom se termine par -icone (Exemple : Dimethicon) ou par
-siloxane (Exemple : Cyclopentasiloxan).

Corps gras
végétaux

Le règne végétal offre des matières grasses
provenant de fruits, noix, fèves, graines, noyaux, céréales, etc

Hydratants et nutritifs, ils ajoutent à leur
action émolliente (qui adoucit et assouplit la peau) l’apport de la richesse de
leur composition en acides gras essentiels, vitamines, antioxydants,
polyphénols et autres stérols.

Naturel, ce corps gras peut suffire à
lui-même en tant que cosmétique parce que ses propriétés sont multiples.

Par contre, quelques risques de réactions
allergènes pour les personnes allergiques à certains corps gras (soja,
arachide, etc.)..

Les principales sources :

– Arachis hypogaea oil : Huile d’arachide

– Triticum vulgare germ oil, Hydrogenated
wheat germ oil : Huile de germe de blé

– Glycine Soja Oil, Hydrolyzed soy : Huile
de soja

– Sesamum indicum seed oil : Huile de sésame

Les agents de texture:

gélifiants, stabilisateurs, épaississant…

Les conservateurs qui protégent le produit final
contre le développement bactérien et l’oxydation des huiles. Cette catégorie
d’ingrédients comprend en général les parabènes, phénoxyéthanol, tocophérol…

Les Emulsifiants:

qui permettent de mélanger et d’homogénéiser deux liquides
non miscibles comme l’eau et l’huile.

PEG, PPG (Poly ethylène glycol), polysorbate,..

Le PEG (polyéthylène glycol) et le PPG
(polypropylene glycol) sont issus du traitement chimique d’un gaz très toxique.
En plus d’être néfastes pour l’environnement, ils sont soupçonnés de contenir
des substances irritantes et potentiellement cancérigènes. En outre, ils
augmenteraient les éruptions de boutons et de points noirs.

Les alkylphénols et éthoxylates d’alkylphenol
: le plus controversé est le nonylphénol, à l’activité hormonale reconnue. Il
pourrait également altérer le sperme et provoquer des atteintes à l’ADN.

Les Colorants:

pigments minéraux ou autres, nanoparticules…

Les parfums:

très souvent de synthèse et allergisants, pour corriger
l’odeur de la synergie des ingrédients initiaux.

Les actifs:

revendiqués par la
marque et en général efficaces mais toujours sous-dosés pour avoir réellement
une action physiologique.

Et parmi ces différentes classes d’ingrédients, vous l’aurez
compris bon nombre ne sont pas franchement la panacée pour notre peau…

Voici les éléments
neutres tout à fait inutiles et supposément nocifs qu’il faut absolument éviter
dans les cosmétiques:

Les Huiles
Minérales :
anti-écologiques, obstruant les pores de la peau et non
reconnues par l’organisme (c’est à dire difficiles à éliminer pour nos
différents organes et systèmes de traitement des déchets) 


Les Silicones
sous toutes leurs formes que ni l’organisme, ni la nature ne peuvent
dégrader. Les Silicones servent surtout à pouvoir correctement étaler le
produit.

Ils sont en général semi-occultant et difficiles à éliminer
de la peau qu’ils ont tendance à étouffer.

– Les
Emulsifiants
: PEG, PPG, notemment ceux dont le nom se termine par ETH 


Les Parabens
: perturbateurs endocriniens 


Les Colorants
dérivés du goudron et souvent nommés avec une combinaison de lettres et de
chiffres.

Compte-rendu légèrement effrayant si on pense au nombre de
différentes crèmes, sérums, masques et autres produits que l’on a pu se
tartiner sur la peau depuis qu’on a l’âge de se regarder dans une glace…

Mais heureusement, il existe aujourd’hui de nombreuses
alternatives à ces produits chimiques qui même s’il nous veulent du bien, ne le
font en fait pas.

Le marché de la cosmétique naturelle s’est très largement
développé ces dernières année, avec l’avènement du Bio et du “Do it yourself”.
Et il est donc aujourd’hui tout à fait possible de vouloir aider son corps à se
defendre contre les rides ou les imperfections sans avoir recours à des
produits synthétiques dont on maitrise encore mal l’impact à long terme sur nos
cellules.

Voici quelques ingrédients naturels, précieux et disponibles
dans les rayons cosmétiques pour vraiment prendre soin de vous à l’extérieur
comme à l’intérieur et offrir à votre peau ces moments magiques de bien-être et
de beauté.


Les Hydrolats:

Issus de la distillations des plantes pour fabriquer les
huiles essentielles.

Frais et riches en actifs, ils sont des alliés de taille
pour les phases aqueuses de vos produits ou encore comme tonic pour la peau
avant l’application de vos crèmes.

L’Aloe vera:

Cette plante extraordinaire dont la pulpe non grasse permet
d’hydrater en profondeur, de cicatriser, de redonner un coup d’éclat et de
resserer les pores de la peau.

La glycérine végétale:

Elle reconstitue le fim hydro-lipidique de la peau et permet
de mélanger des corps à la fois hydrophiles et lipophiles.

Les huiles végétales bruts:

Hydratantes, nourrissantes, elles nous offrent le nectar de
la nature pour envelopper nos peaux dans ce confort sans pareil.

La vitamine E qui potège nos préparations huileuses
du ranciement et dont la peau est si friande.

Les poudres Ayurvédiques et les argiles qui nettoient en
profondeur, libèrent nos pores et ravivent l’éclat de nos teints.

Les extraits de plantes dont les vertues sans fin
valent tous les actifs chimiques du monde.

Et bien sure, les Huiles essentielles, subtiles et
puissantes.

Parmi les Huiles Essentielles les plus connues, en voici
quelques unes qui n’ont plus leurs preuves à faire au niveau cosmétique:

– Le Bois de rose: respecteux des peaux sensibles, régénérant,
adoucissant, raffermissant, anti-oxydant et anti-âge

– La Bergamote: purifiante et astringente

– La Camomille Romaine: apaisante et réparatrices

– La Carotte: régénérante, anti-rides, cicatrisante et bonne
mine

– Le céleri: anti-pigmentaire, anti-tâches

– Le Ciste: tonifiant, accélerateur de la micro-circulation
et du renouvellement cellulaire

– Le géranium Rosat: antiseptique, tonique cutané,
équilibrant du PH

– L’Immortelle: anti-âge, circulatoire, cicatrisante

– La Lavande Aspic: anti-brûlures, cicatrisante,
assainissante

– La Fleur d’Oranger: adoucissante, anti-rides, respecteuse
des peaux sensibles et réactives

– La Rose de Damas: Astringente, tonique, régénérante,
anti-ride, équilibrant hormonale

– L’Ylang Ylang: Antiseptique, séborégulateur, tonifiant

Et tant d’autres encore…

Alors très exactement, comment choisir ses cosmétiques au
mieux?

1) Choississez plutôt un mélange d’Huiles végétales pures et
non raffinées si possible et d’huiles Essentielles. Les Huiles végétales contiennent
de nombreux actifs dont notre peau a besoin et elles sont sans effets
secondaires sur l’organisme.

2) Utilisez les propriéées spécifiques des huiles végétales
pour ajuster vos mélanges aux besoins de votre peau.

Les huiles riches en oméga 9 viennent lubrifier et protéger
votre peau. Elles agissent comme le sébum naturel que nous produisons moins
avec le temps.

Par exemple, les huiles d’Argan, de Sésame, d’Avocat, de
Coco, d’abricot sont riches en oméga 9.

Les huiles précieuses, riches en oméga 3, servent à nourir
et améliorent la pénétration des huiles essentielles et des actifs présents
dans la préparation.

Les Huiles de Chanvre, Rose Musquée, Argousier, Figue de
Brabarie… sont très riches en oméga 3.

3) Adaptez les proportions du mélange des huiles végétales à
votre type de peau. Par exemple pour une peau sèche: 60 à 70% d’huile
riche en omega 3 et 30 à 40% d’huile riche en omega 9.

Pour une peau grasse: Jojoba et une huile omega 3 à
part égales

Pour une peau jeune à problèmes (Acné): 60% Jojoba et
40% d’une huile comme Noisette ou Noyau d’abricot

Pour une peau fragile et sensible: 60 à 70% d’omega 9
comme Avocat ou Coco et 30 à 40% d’une huile précieuse comme Rose Musquée ou
Chanvre.

Pensez enfin à toujours ajouter quelques gouttes de Vitamine E pour protéger votre mélange
du ranciement et à le conserver dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et
en évitant les changements brutaux de température.

Géraldine

Pour les Huiles
Essentielles, retenez les proportions suivantes:

Pour un soin du visage: jamais plus de 2% d’huiles
Essentielles dans votre préparation huileuse.

Pour le corps: vous pouvez utiliser entre 10 et 20%
d’huiles essentielles dans votre mélange.

Et n’oubliez pas, restez Belles et Naturelles!

Géraldine Richard
Praticienne de Santé Naturopathe